on me répondit qu'il était au monastère de Hango. Il n'était plusquestion de fuite, Kostaki n'étaitil pas mort . Il n'était plus question de mariage, Pouvaisje épouser le fratricide, Trois jours et trois nuitss'écoulèrent ainsi au milieu de rêves étranges. Dans ma veille ou dans mon sommeil, je voyais toujours ces deux yeux vivants au milieu de ce visage mort .c'était une vision horrible, C'était le troisième jour que devait avoir lieu l'enterrement de Kostaki. Le matin de ce jour on m'apporta de la part deSmérande un costume complet de veuve, Je m'habillai et je descendis. La maison semblait vide, tout le monde était à la chapelle, Je m'acheminai vers le lieude la réunion. lacoste pas cher homme Au moment où j'en franchis le seuil, Smérande, que je n'avais pas vue depuis trois jours, franchit le seuil et vint à moi. Elle semblait unestatue de la Douleur. D'un mouvement lent comme celui d'une statue, elle posa ses lèvres glacées sur mon front, et, d'une voix qui semblait déjà sortir dela tombe, elle prononça ces paroles habituelles .Kostaki vous aime, Vous ne pouvez vous faire une idée de l'effet que produisirent sur moi ces paroles.Cette protestation d'amour faite au présent, au lieu d'être faite au passe, ce vous aime, au lieu de vous aimait . cet amour d'outretombe qui venait mechercher dans la vie, produisit sur moi une impression terrible, En même temps, un étrange sentiment s'emparait de moi, comme si j'eusse été en effet lafemme de celui qui était mort, et non la fiancée de celui qui était vivant. Ce cercueil m'attirait à lui, malgré moi, douloureusement, comme on dit que leserpent attire l'oiseau qu'il fascine, Je cherchai des XV LE MONASTÈRE DE HANGO. soldes lacoste, 146 Page 150 Les mille et un fantomes yeux Grégoriska. Je l'aperçus,pâle et debout, contre une colonne, ses yeux étaient au ciel. Je ne puis dire s'il me vit. Les moines du couvent de Hango entouraient le corps en chantantdes psalmodies du rit grec, quelquefois harmonieuses, plus souvent monotones. Je voulais prier aussi, moi . mais la prière expirait sur mes lèvres, monesprit était tellement bouleversé, qu'il me semblait bien plutôt assister à un consistoire de démons qu'à une réunion de prêtres. Au moment où l'on enlevale corps, je voulus le suivre, mais mes forces s'y refusèrent.